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De quoi Benoit Hamon serait-il le messager ?

Benoit Hamon sur le banc du gouvernement à l'assemblée nationale

    Le prototypage   

    Les très politiques et très controversés « emplois d’avenir », toutes les panoplies de stages, rémunérés ou non, les réductions des temps de travail, les formes d’engagements humanitaires quand ils concernent des personnes en âge de poursuivre une carrière, et plus récemment, les formes plus marginales mais plus expérimentales aussi comme l’auto-entrepreneuriat associé au micro-crédit,  le « woofing » ou dans une moindre mesure, qui plus est à observer à la loupe « l’ubérisation » d’inspiration libéralo-libertaire, ont été les prototypes plus ou moins aboutis et plus ou moins désirables de ce nouvel agir. Le cadre théorique assorti de la volonté politique aura manqué à ses praticiens et à ses organisateurs pour apprécier combien ils œuvraient déjà à cette recherche sur les nouvelles dimensions de cet “agir” auxquelles le revenu de base (ou du nom qu’il vous plaira de lui donner) procure la capacité concrète d’exister, de s’exprimer et de s’approfondir.

    La transition écologique suppose que le premier biotope du mammifère dominant la planète (qu’on le déplore ou non) : l’être humain, qui est bien celui du travail grâce auquel et au sein duquel Femmes et Hommes font société, ne soit pas, par un fâcheux tour de passe-passe que les sceptiques tiennent en réserve, exclu du périmètre de la réflexion sur son évolution. Parmi les éléments de ce biotope comptent désprmais les robots, les ordinateurs et les systèmes experts que nul considère comme de simples adjuvants des « process » de production numériques. Ils font, ils sont “révolution” plus sûrement que le « mème » de Lecanuet-Bayrou… Par leur caractère notoirement incontournable, ces artefacts encore sous contrôle constituent l’enjeu central de la mise-à-jour de la fiscalité concernant les investissements des entreprises ; leur constitution même dans le cas de « start-up » mobilisant une forte intensité capitalistique.

    La taxe R.O.SE, imaginée hier sur des bases incertaines par Mitchell, réclame qu’on s’entendre sur une définition opérante en terme de seuillage de l’intelligence artificielle, et qu’on définisse à quel moment ces joyaux d’ingénierie, à l’instar du Golem du rabbin téméraire de Prague, accèderont à une autonomie suffisante pour se retourner économiquement (dans le cas qui nous occupe) contre leur démiurge. Cette taxation participe du prototype et alimente le ferment du nécessaire questionnement de la nature et de la fonction du travail et par effet miroir du financement de la forme historiquement la plus achevée de l’Agir nouveau, libéré de l’angoisse du lendemain par le revenu de base, qui est en train de s’y substituer partiellement mais sûrement.

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