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Bensoussan devant la justice, l’histoire sous le verrou ?

Georges Benssoussan

Blouse blanche et concept « sale » ?

Aujourd’hui 25 janvier 2017 s’ouvre une sorte de parodie-remake du “procès des blouses blanches” que l’ironie de l’histoire a « décalé » dans l’univers des sciences historiques et sociales, celui de l’historien Georges Bensoussan.

Le chercheur est cité à comparaître devant la 17e Chambre correctionnelle (consacrée aux délits de presse) au motif fallacieux (et c’est peu de le dire selon moi) d’avoir incité à la haine raciale et à l’islamophobie (sic !) sur les ondes de France Culture, le 10 octobre 2015 en présence de l’académicien Alain Finkielkraut (circonstance aggravante j’imagine ?) selon les associations plaignantes : CCIF, LICRA… (?) qui se sont constituées partie civile.

Derrière ce motif, c’est bien la liberté d’expression et plus encore de la liberté de l’expression scientifique (l’histoire étant la mère des sciences) qui serait visée surtout si l’on considère que les propos incriminés par ces “défenseurs” très chatouilleux de la « bien-pensance » sont déduits de ceux du sociologue algérien Smaïn Laacher* auquel j’exprime, de manière incidente, ma sollicitude sans le connaître, je le précise, malgré ses dénégations ultérieures d’avoir énoncé la matrice de l’idée résumée par l’historien, qualifiée ensuite par Laarcher d’ignominie, lors de sa rétractation sur Médiapart malgré la teneur explicite de son intervention dans le documentaire « Profs en territoires perdus de la République ? » de Georges Benayoun (Fr., 2015, 75 min) diffusé le jeudi 22 octobre à 23 h 15, sur France 3.

Pour mémoire, Georges Bensoussan est un spécialiste reconnu de l’histoire de l’extermination des Juifs d’Europe et occupe le poste de responsable éditorial près le Mémorial de la Shoah, positions qui, n’en doutons pas, fait de lui un « islamophobe » écumant aux yeux des défenseurs des opérations BDS, s’il s’en trouvait parmi les plaignants…

Je regrette qu’un responsable de la Licra, dont le blog est relayé par le Huffington Post, en titrant « Monsieur Bensoussan, il n’existe pas d’antisémites de naissance » prenne le risque de mal comprendre les propos et les références de l’accusé pour lui administrer une « sévère » leçon « d’histoire des pratiques antiracistes » et ainsi camper à peu de frais une posture surplombante de sachant.

De nombreux soutiens

Quoiqu’il en soit je me réjouis des nombreux soutiens reçus par Georges Bensoussan et me permets de lui adresser le mien, aussi limité soit-il en raison de l’insignifiance de ma position.

Je m’interroge sur le fait que des personnes ulcérées (?) chercheraient à venger les vérités pénibles à lire, contenues dans l’ouvrage “Les Territoires perdus de la République” dont Georges Bensoussan est l’auteur (Mille et une nuit ed. 2002) en sachant que ce dernier assure la direction de l’ouvrage collectif, préfacé par Élisabeth Badinter, « Une France Soumise » (Albin Michel ed. 2017).

Pour comprendre…

Ci-dessous sont reproduits les propos considérés comme litigieux, qui justifieraient l’initiation de la procédure devant la XVIIe chambre :
– Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans le film qui passera sur France 3: « C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère ».

Point de vue

Si l’on excepte la citation de Smaïn Laacher (dont la responsabilité de vérifier  l’exactitude lui incombe), le mot « atavique » semblerait être le terme problématique. Sa définition précise, à l’inverse de l’essentialisme présumé de l’orateur : que l’atavisme serait la réapparition d’un caractère ancestral chez un individu qui ne devrait pas le posséder. Il s’agit bien de la description du résultat d’un mécanisme par définition culturel (cf. les définitions du Cntrl et Bensoussan n’est pas biologiste mais historien) – aussi le scientifique a-t-il le droit de se tromper, à charge pour ses contradicteurs de le lui démontrer sur le terrain universitaire et non dans un prétoire. En tout état de cause, cet “atavisme” ne peut être confondu avec l’assimilation à un quelconque état de nature comme semble vouloir le croire et le faire croire certains plaignants.

À suivre donc…

Note : * Smaïn Laacher, professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg, est membre affilié au CEMS Centre d’Étude des Mouvements Sociaux (CNRS | EHESS) et auteur de nombreux ouvrages concernant l’immigration, l’exil et la figure du sans-papier.

  • webographie miniature
  • http://www.huffingtonpost.fr/alain-jakubowicz/antisemitisme-bensoussan-proces/
  • http://www.marianne.net/islamophobie-proces-honteux-fait-georges-bensoussan-100249383.html
  • http://fr.timesofisrael.com/a-la-veille-de-son-proces-georges-bensoussan-revient-sur-lillusion-marocaine/
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bensoussan_(historien)
  • http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/10/22/l-antisemitisme-a-l-ecole-en-parler-sans-deraper_4794739_3246.html
  • http://www.cnrtl.fr/definition/atavique
  • http://www.france3.fr/emissions/documentaires/videos/lantisemistisme_22-10-2015_949591?

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