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Note sur “l’ordo-libéralisme” de Macron

Wilhelm Röpke (1899-1966)

Des principes simples et bien connus

Ces principes élaborés par les spécialistes (de l’économie) : experts, lobbyistes… et non votés par le peuple, sont les suivants :

– existence d’une monnaie supra-stable (primus inter pares) à l’instar de l’Euro, assortie de critères de convergence qui assure sa stabilité ou plus exactement son contrôle strict par un petit nombre de décideurs non élus ;

– libre accès au marché : grâce à la directive Bolkenstein, par exemple ou à celle concernant les travailleurs détachés ;

– garantie de la propriété privée , conçue moins comme un droit que comme une exigence du système et notamment comme possibilité de se matérialiser sous la forme de brevets sur le vivant, sans considération pour la notion de biens communs, et en prolongation indue des droits d’auteur dont il est démontré qu’elle freine l’innovation utile en réduisant la capacité de partage des connaissances – qu’importe ! ;

– liberté du commerce soutenue par le droit des contrats et son corollaire, la pleine responsabilité civile et commerciale des entreprises, selon la grille de lecture juridique (du TAFTA ou du CETA, par exemple) des rapports entre le bien commun et la privatisation des fruits du travail au bénéfice des hyper-riches qui se trouvent dans l’obligation de pratiquer la charité par l’intermédiaire de fondations dont le contrôle démocratique s’avère impossible en l’absence de blocs de constitutionnalité adaptés au niveau du droit international;

– hyper-stabilisation de la politique économique, via des “pactes”, “traités” et “accords” divers, responsables repérés du véritable immobilisme, nécessaire au développement des investissements et à la prévision économique passant la sanctuarisation du TFUE qui empêchera le parlement européen de s’opposer peu ou prou à cette super-gouvernance des « experts » dont les échecs successifs n’obèrent en rien l’obstination et la superbe.

Voici de nombreux traits qui coïncident assez parfaitement avec le projet sous-jacent à la « dé–marche » du candidat Macron qui tient pour l’essentiel du démarchage publicitaire pour ces vieilles lunes, rhabillées pour faire un nouveau tour de piste  par un jargon qui tient le milieu entre la novlangue 2.0, et les accents patriotiques de facture “pétainienne”. Révolution clame-t-il ?

 1.  Ses principaux théoriciens sont Walter Eucken, Franz Böhm, Hans Großmann-Doerth et leurs collègues de l’École de Fribourg-en-Brisgau, ainsi que Wilhelm Röpke et Alexander Rüstow d’après Wikiberal.

2. Wilhelm Röpke (1899-1966) est un économiste allemand du XXe siècle, un commentateur politique et un défenseur de la liberté.

En 1933, après l’arrivée au pouvoir de Hitler, Röpke dénonce publiquement le programme politique des nazis. Cette prise de position entraîne la fin de sa carrière académique en Allemagne. Il s’exile avec sa famille en Turquie puis en Suisse jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Descendant de pasteurs luthériens, Röpke était dévot. Il admirait également l’enseignement social catholique, les encycliques sociales de l’Église catholique et les idées «distributistes» de Hilaire Belloc et G.K. Chesterton.

Après la Seconde Guerre mondiale, Röpke retourna en Allemagne où il conseilla le chancelier chrétien-démocrate Konrad Adenauer. Il est considéré comme l’un des principaux artisans du miracle allemand qui fait de la RFA (Allemagne de l’Ouest avant la réunification), la locomotive économique de l’Europe occidentale de l’après-guerre.

Reconnu pour sa technicité, il succéda à F.A. Hayek en 1960 à la présidence de la société de Mont Pelerin, think tank libéral fondé par Hayek.

La vision historique, sociologique et anthropologique de Röpke le conduit à s’élever contre le capitalisme déréglementé et ses aspects négatifs que les économistes néo-classiques négligent souvent. Il critique de leur trop grande permissivité vis-à-vis des fusions d’entreprises, des acquisitions et des prises de contrôle. L’Allemagne lui doit le tissu d’entreprises moyennes qui fait défaut à la France par comparaison.

Dans le but de promouvoir la libre entreprise et la concurrence, il préconise une action vigoureuse contre les monopoles privés. Il appelle les gouvernements à mettre en place des institutions financières spéciales pour répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises.

Dans « La crise sociale de notre temps » publié en 1942 et dans « Une économie humaine: le cadre social du marché libre » publié en 1957, Wilhelm Röpke préconise une troisième voie dite “décentraliste” qui privilégierait les Entreprises familiales que sont les exploitations agricoles familiales, les artisans et/ou les petits commerçants.

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